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Le Musée Archéologique National


La page présente :

  • La dame de Brassempouy,
  • Une flûte gravettienne.

Carte du livre : B

Adresse : 1 place Charles de Gaulle

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Musée National d’Archéologie (@Philippe GOUT)
Sujet MAN
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OrigineSite du musée
Date de révision01/08/2023

Le musée des antiquités nationales, créé en 1867 et devenu musée d’Archéologie nationale et domaine national de Saint-Germain-en-Laye en 2009, est un musée consacré à l’archéologie de la France. Il présente une riche collection d’archéologie comparée des cinq continents.


Sujet La dame de Brassempouy
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OrigineMAN
Date de révision01/08/2023

Une série importante de statuettes sculptées en ronde-bosse dans de l’ivoire de mammouth a été découverte dans la grotte du Pape, à Brassempouy, dans les Landes. La célèbre « Dame à la capuche » est l’un des plus anciens « portraits » de l’Homme par lui-même. Le visage triangulaire est encadré par une coiffure quadrillée, interprétée tantôt comme une chevelure tressée tantôt comme une capuche. Les traits sont simplifiés ; le regard est présent sous les arcades sourcilières tandis que la bouche a été omise. L’expression du visage est énigmatique et en tout cas unique parmi les figurations féminines gravettiennes. On a souvent imaginé que cette petite tête avait appartenu à une statuette entière. En fait, la tête est pratiquement intacte ; il ne lui manque qu’un petit morceau sur le côté droit du cou et en bas des cheveux.

Texte du MAN


Sujet La flûte gravettienne
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OrigineMAN
Date de révision01/08/2023

L’existence de la musique au Paléolithique récent (entre – 40 000 et – 10 000 ans environ) est attestée par la découverte de plusieurs types d’instruments, façonnés à partir de matières dures animales : os, bois de cervidé, coquillage et ivoire de mammouth.
 

LA MUSIQUE AU PALEOLITHIQUE

Les hommes préhistoriques ont probablement fabriqué des instruments de musique avec des matériaux périssables, tels que le bois végétal, l’écorce ou la peau animale, mais ces derniers ne se sont pas conservés dans les sites archéologiques. On peut ainsi imaginer des tambours faits de bois et de peau, des flûtes taillées dans des roseaux, des trompes réalisées dans des cornes de bovinés…

Enfin, dans certaines grottes, des draperies et des colonnes de calcite, stalactites ou stalagmites, montrent des traces de percussion, témoignant de leur utilisation comme lithophones ou pierres musicales. Les exemples connus sont désormais nombreux : Niaux, Fontanet et Le Portel (Ariège), Pech-Merle et Cougnac (Lot), Isturitz et Oxocelhaya (Pyrénées-Atlantiques), Arcy-sur-Cure (Yonne), etc.

Dans ces grottes, qui sont de véritables caisses de résonance, des musicologues ont d’ailleurs mis en évidence une relation entre les endroits les plus sonores et la localisation des gravures et des peintures, ou encore les emplacements de petits objets fichés dans les parois (outils de silex taillé et fragments d’os). 

DES FLÛTES SUR OS D’OISEAUX

Les plus anciennes flûtes connues à ce jour ont été découvertes dans des grottes du Jura souabe, en Allemagne, et attribuées à l’Aurignacien ancien (vers – 40 000 / – 35 000 ans). La grotte de Geissenklösterle a livré la seule flûte qui ait été fabriquée dans de l’ivoire de mammouth. Cette dernière possède quatre perforations sur une longueur conservée de dix-neuf centimètres. La flûte de la grotte de Hohle Fels a été façonnée dans un radius de vautour. Bien que fragmentaire et incomplète, c’est la plus grande flûte paléolithique, avec ses vingt-deux centimètres de longueur et ses cinq perforations. Un fragment de flûte aurignacienne a également été découvert dans la grotte d’Isturitz, dans le Sud-Ouest de la France.

Ces instruments deviennent plus fréquents lors de la période suivante, le Gravettien, vers – 25 000 ans. Dans la seule grotte d’Isturitz, une vingtaine de flûtes gravettiennes ont été mises au jour, toutes taillées dans des radius de vautours. En effet, ces os longs, creux et légers sont particulièrement adaptés à la fabrication de tubes, qui peuvent ensuite être perforés et parfois décorés, de motifs gravés géométriques. La plus grande flûte gravettienne est longue de vingt-et-un centimètres et montre quatre perforations.

La grotte d’Isturitz a également livré deux flûtes magdaléniennes (vers – 15 000 ans). Les flûtes paléolithiques pouvaient être tenues droites ou obliques. La fréquence des sons devait varier en fonction de la position de la bouche et de la puissance du souffle. Des répliques modernes ont été expérimentées par des musiciens professionnels : elles donnent une idée des capacités de ces instruments, même si l’on ne connaît rien, hélas, des « partitions » préhistoriques…
 

DES SIFFLETS, DES RHOMBES ET DES RACLEURS 

Parallèlement aux flûtes, des sifflets ont été fabriqués à partir de phalanges de rennes, naturellement creuses. Si certaines phalanges ont été percées par les canines des carnivores, d’autres, en revanche, ont bel et bien été perforées par les hommes préhistoriques, à l’aide de perçoirs en silex taillé. Ces sifflets, qui émettent des sons très forts et très aigus, semblent avoir fait de formidables appeaux, destinés à attirer le gibier, notamment les oiseaux. De longues pendeloques ovales, façonnées dans des os plats et souvent décorées, sont considérées comme des rhombes. Ces instruments vibratiles, attachés au bout d’une lanière ou d’une cordelette, produisent une sorte de vrombissement, engendré par un mouvement de double rotation. Connus chez les aborigènes australiens, ils ont également fait l’objet de nombreuses expérimentations, dont certaines sont très convaincantes.

Des sons très différents mais tout aussi étranges pour nos oreilles modernes, peuvent être obtenus avec des racleurs. Il s’agit de frotter une baguette contre les bords profondément crantés de ces objets en os ou en bois de cervidé. L’utilisation des racleurs demeure cependant très hypothétique : il se peut que les encoches soient purement décoratives ou liées à une fonction toute autre… Les représentations de musiciens ou de danseurs recensées dans l’art paléolithique sont extrêmement rares. Une gravure de la grotte des Trois- Frères (Ariège) figure un homme animalisé tenant un objet identifié tantôt comme une flûte nasale, tantôt comme un arc musical. Un fragment d’os gravé provenant de la grotte de La Garenne à Saint-Marcel (Indre) et conservé au Musée d’Argentomagus, montre un groupe de personnes se tenant par la main, comme dans une ronde.

Texte du MAN


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